Manipulateur narcissique, pourquoi rien ne le satisfait

Photo of author
Écrit par Grégory Hénique

Auteur sur mes 2 blogs depuis 2009/2010.

 

L'écriture est ma passion mais l'optimisation SEO / IA fut un passage obligé pour gagner ma visibilité.

 

Présentation

pion jaune entoure de pions blancs seducteur

Vous anticipez chaque demande, vous ajustez votre comportement, vous sacrifiez vos limites. Le manipulateur narcissique reste insatisfait. Cette insatisfaction n’est pas un bug de la relation: c’est son fonctionnement. Elle vous garde en alerte, vous fait douter, maintient son emprise.

Au début, vous croyez qu’il existe une combinaison gagnante. Mieux communiquer pour éviter les colères. Montrer plus d’affection pour combler un vide.

Taire vos désaccords pour acheter la paix. Vous vous ajustez sans cesse parce que la ligne d’arrivée paraît proche.

Sauf qu’elle se déplace à chaque fois que vous avancez.

Dans une relation saine, un problème se nomme, se discute, se règle. Chez le pervers narcissique, la plainte est un prétexte. Résolvez ce qu’il demandait, un autre défaut apparaît.

Il vous reprochait de trop travailler, vous libérez du temps. Il vous reproche de manquer d’ambition.

Cette mécanique épuise. Elle vous pousse à chercher une logique là où il n’y en a pas. La critique ne vise pas à améliorer la relation. Elle maintient un ascendant, nourrit un sentiment de supériorité, vous place en position de coupable.

Vous vivez votre couple comme une audition permanente. Un jour, il réclame une partenaire indépendante. Le lendemain, cette indépendance le menace.

Votre assurance le séduisait, elle devient de l’arrogance. Votre intelligence le flattait, elle devient une remise en cause.

Vous voilà puni pour être devenu la personne qu’il prétendait admirer. C’est déstabilisant. C’est l’effet recherché.

Une quête sans satisfaction possible

Le pervers narcissique accumule, séduit, conquiert. Rien ne le comble. Ce qu’il cherche, une validation interne, un sentiment de valeur intime, ne peut pas se trouver à l’extérieur. Il en veut toujours plus parce que la source du manque est en lui, pas dans ce que vous donnez.

L’insatisfaction comme outil de contrôle

Chez lui, le mécontentement n’est pas un état subi, c’est un instrument. Tant que vous cherchez à le satisfaire, vous restez concentré sur lui. Vous oubliez vos besoins, vos repères, votre colère.

manipulateur main

Le jour où vous cessez de jouer, la mécanique se grippe. C’est là que tout se joue.

Derrière les reproches et les insatisfactions répétées d’une personnalité narcissique se cache rarement un besoin réel. Ce qui se joue, c’est un test de soumission permanent. Votre épuisement n’est pas un accident, c’est le but. Comprendre ce mécanisme change la manière de répondre à la prochaine exigence.

Ce que cache la demande infinie

La demande du manipulateur narcissique ne porte pas sur un objet précis. Elle porte sur votre soumission. Peu importe ce que vous donnez. L’important, c’est que vous donniez encore, que vous prouviez encore, que vous vous épuisiez encore.

Ce que vous croyez Ce qui se joue vraiment
Il a un besoin précis à combler Il a besoin de vous voir essayer sans fin
Vos efforts finiront par être reconnus Vos efforts nourrissent son emprise
La critique vise à améliorer le couple La critique vise à maintenir le contrôle
Si vous trouvez la bonne réponse, il se calmera Chaque bonne réponse appelle une nouvelle exigence

Ce tableau n’est pas une vue de l’esprit. Des milliers de personnes décrivent la même spirale, année après année. Le contenu des reproches varie. La trajectoire, non.

Questions fréquentes

donne-cellulaire

Le narcissique peut-il être heureux dans une relation ?

Non, pas au sens où on l’entend habituellement. Le bonheur suppose une stabilité intérieure qu’il ne possède pas. Il alterne entre excitation, vide et rage, mais la satisfaction profonde reste hors de portée.

Quand quelqu’un raconte qu’il a tout donné et que rien n’a suffi, je ne pense pas qu’il a mal fait. Je pense qu’il a appliqué les règles d’une relation normale à une personne qui n’en voulait pas.

manipuler sa femme

La gratification n’est pas le bonheur

UNTL

Une personne stable construit son contentement sur des bases internes et relationnelles. La connexion, la gratitude, l’intimité, le sens donné à ce qu’elle fait, la stabilité de l’image qu’elle a d’elle-même. Le fonctionnement narcissique repose sur une autre mécanique. Il dépend de la régulation externe : l’attention reçue, l’admiration, la validation, le statut, le contrôle, la victoire, la supériorité.

Une gratification n’est pas un contentement intérieur stable. Elle se consomme, s’épuise, réclame une nouvelle dose.

Le compliment fait du bien, la sensation s’estompe en quelques heures. La promotion fait du bien jusqu’à ce qu’un collègue obtienne un poste mieux placé. La nouvelle relation est excitante jusqu’à ce que la personne devienne familière, donc moins gratifiante.

J’ai observé ce cycle des dizaines de fois chez les personnes que j’accompagne. Ce qui les déstabilise, ce n’est pas l’absence d’efforts de leur part. C’est la rapidité avec laquelle ces efforts cessent de compter.

Le profil manipulateur narcissique cherche continuellement quelque chose à l’extérieur de lui-même pour réguler ce qui se passe à l’intérieur. Les survivants regardent cela et se posent une question : de quoi d’autre pourriez-vous bien avoir besoin ? Vous avez donné de l’amour, de la loyauté, du temps, du soutien émotionnel, du pardon, des dixièmes chances. Vous avez sacrifié des amitiés, des opportunités, du sommeil, la paix et des morceaux entiers de vous-même.

La gratitude authentique et le sentiment chronique d’avoir droit à tout ne peuvent pas fonctionner ensemble. La gratitude dit : « Je reconnais ce que tu m’as donné et je l’apprécie. » Le sentiment d’avoir droit à tout dit : « Évidemment que tu as fait ça.

C’était ton rôle. » Quand une personne estime que vos efforts lui sont dus, un effort extraordinaire devient l’exigence minimale.

La seule fois où vous ne le faites pas prend plus d’importance que les 100 fois où vous l’avez fait. C’est une règle d’injustice comptable. Le crédit accumulé ne vaut rien face à une seule défaillance perçue. Source : jreidtherapy.com

Parce que vous êtes consciencieux, vous commencez à vous demander s’ils n’ont pas raison. Peut-être que je suis égoïste. Peut-être que je ne donne pas assez. Peut-être que je devrais faire plus.

Pourquoi les compliments ne suffisent-ils jamais à un narcissique ?

Parce que le compliment n’atteint pas l’estime interne. Il produit une sensation agréable qui s’épuise vite, obligeant la personne à chercher une nouvelle source d’admiration. Le manque n’est pas comblé, seulement masqué un instant.

Une personnalité narcissique ne

→ Vous aimerez aussi : Les réseaux sociaux nuisent à notre recherche d’amour authentique

Dans un couple, ce mécanisme devient une machine à évaluer : chaque mauvaise humeur, chaque soupir, chaque regard noir finit par vous désigner comme responsable.

J’ai longtemps travaillé auprès de couples en détresse, et je retrouve ce réflexe à chaque fois. L’autre entre contrarié dans la pièce. Immédiatement, la personne en face passe mentalement en revue ses dernières heures : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’est-ce que » Ce réflexe d’auto-accusation, je le retrouve chez les adultes qui vivent avec une personnalité narcissique.

La pièce qui se tend

L’autre entre, irrité. Vous ne savez même pas pourquoi. Votre cerveau lance l’inventaire : « Ai-je oublié quelque chose ?

Ai-je dit un mot de travers

Qu’est-ce que je dois réparer ? »

Il a été installé, répétition après répétition. À force de chercher la cause de leur humeur en vous, vous finissez par croire que la cause est en vous.

Le sacrifice comme fausse solution

Vous essayez de résoudre un problème interne par des apports externes. Plus d’amour, plus de patience, plus de réassurance, plus de pardon. Vous espérez qu’un effort suffisant finira par créer une stabilité chez l’autre.

Les survivants de ces relations le disent souvent avec les mêmes mots : « J’ai tout donné, et ça n’a jamais suffi. » Ce n’est pas qu’ils n’ont pas assez donné. C’est que la demande ne portait pas sur ce qu’ils donnaient.

La maison qui ne suffit plus

Observez ce qui se passe quand la personne obtient exactement ce qu’elle disait vouloir. Elle avait assuré qu’une nouvelle maison arrangerait tout. La maison arrive. 2 semaines plus tard, elle la compare à celle d’un voisin, d’un collègue, d’un ancien ami.

Elle vous avait poursuivi avec intensité, vous avait idéalisé. Une fois la relation installée, la dévalorisation a commencé. Vous pensez : « Elle m’adorait avant.

Qu’est-ce qui m’est arrivé ? »

Le fantasme contre la personne

Ce qui était nouveau est devenu familier. Ce qui était idéalisé est devenu humain. Une personne réelle a des besoins, des limites, des opinions, des défauts. Un fantasme peut rester parfait indéfiniment parce qu’il ne demande rien.

Un VPN, c'est un tunnel chiffré entre votre appareil et internet : votre fournisseur d'accès ne voit plus ce que vous faites, et votre adresse IP réelle reste masquée.

Concrètement, ça sert à deux choses : protéger votre vie privée, et contourner les blocages géographiques (catalogues étrangers, sites inaccessibles depuis la France). Les 2 services ci-dessous sont ceux que j'utilise et recommande, selon ce que vous cherchez.

NordVPN ProtonVPN
Idéal pour Streaming et débit Vie privée et open source
Open source Non Oui
Offre gratuite Essai 30 jours Oui
  • Vous voulez surtout débloquer des catalogues étrangers et garder du débit ? Partez sur NordVPN.
  • La transparence du code et une version gratuite sans carte bancaire comptent plus pour vous ? ProtonVPN est le bon choix.

Les deux offrent une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours.

La dévalorisation ne mesure pas votre valeur. Elle mesure l’incapacité de l’autre à supporter une personne réelle. Retenez cette distinction : ce qui est attaqué n’est pas ce que vous êtes, mais le fait que vous existez en dehors de l’image que l’autre s’était construite.

0

Dans une relation saine, on peut être en colère contre l’autre et l’aimer quand même. On peut décevoir et rester une bonne personne. Dans une dynamique narcissique, ce cumul n’existe pas. Chaque déception devient une faute.

Quand tout choix devient mauvais

Vous faites une erreur ? Vous êtes négligent. Vous n’êtes pas d’accord ? Vous êtes irrespectueux.

Vous posez une limite

Vous êtes contrôlant. Vous vous défendez ? Vous êtes querelleur.

Au bout du compte, il n’y a plus aucun bon choix possible. Les survivants perdent confiance même dans les décisions élémentaires.

« Où veux-tu manger ? » « Je m’en fiche. » « Qu’est-ce que tu veux faire ? »

« Ce que tu veux. » Si vous vous entendez dire ça en boucle, vous savez. L’effacement de vos préférences est déjà bien avancé.

La dévalorisation n’est pas une information sur vous

Pourquoi les efforts de réassurance ne laissent-ils aucune trace chez une personnalité narcissique ?

Reconnaître votre effort reviendrait à admettre que vous avez de la valeur. Et admettre votre valeur fragiliserait la position de celui qui doit rester supérieur. Alors l’effort est effacé, minimisé, ou retourné contre vous. Le problème n’a jamais été votre manque d’efforts, mais un besoin qui se déplace dès qu’il est comblé.

Quand j’observe ce mécanisme, je pense à ce que j’ai appris en accompagnant des personnes qui sortent de relations toxiques. Un malentendu peut détruire une réputation sans qu’aucun fait ne le justifie. Ici, c’est pareil : l’insatisfaction de l’autre devient une preuve contre vous, alors qu’elle ne prouve rien d’autre que son propre fonctionnement.

Arrêtez de chercher la cause de leur malheur en vous. La vraie question n’est pas « qu’est-ce que j’ai fait ? » mais « pourquoi est-ce que je me sens toujours fautif ? »

La demande infinie est le carburant silencieux de la relation avec un pervers narcissique.

→ Sur le même sujet : Ma femme ne me demande jamais de faire l’amour. Est-ce normal ?

Elle ne porte pas sur un besoin précis. Elle porte sur la preuve que vous devez fournir, encore et encore, sans jamais atteindre le seuil qui suffirait.

Dans mon métier, j’ai vu des adultes déployer la même mécanique avec leurs conjoints. Ils exigeaient une loyauté totale, puis changeaient les règles quand l’autre s’approchait du but. La confusion n’était pas un effet secondaire. Elle servait à garder la main.

Les signaux qui trahissent le système

  • La demande revient plus forte après un moment de calme, comme si la paix était une provocation.
  • Vos preuves d’engagement sont jugées insuffisantes, quelle que soit leur ampleur.
  • L’autre ne se souvient jamais de ce que vous avez déjà fait pour lui.
  • Votre épuisement est interprété comme un manque d’amour, jamais comme un signal d’alerte.

Ces quatre signaux, pris ensemble, ne décrivent pas une personne anxieuse. Ils décrivent une dynamique de prédation affective où l’insatisfaction est entretenue comme instrument de contrôle.

Le piège porte un nom précis : la gratification différée. La personne narcissique ne cherche pas le soulagement d’un besoin. Elle cherche la démonstration que vous restez mobilisable, inquiet, disponible.

Pourquoi les efforts sincères ne suffisent-ils jamais face à une demande infinie ?

Parce que la satisfaction de l’autre n’est pas l’objectif. L’objectif est de vérifier que vous continuez à vous plier. Un besoin comblé mettrait fin au test, donc la demande doit rester insatisfaite pour que le rapport de force perdure.

On confond souvent cette mécanique avec de l’exigence amoureuse. Un partenaire peut avoir des attentes fortes sans chercher à vous épuiser. La différence tient à la trajectoire : une attente saine se précise, se discute, se stabilise. La demande infinie, elle, ne se stabilise jamais.

La mauvaise question

UNTL

Laissez-les mal interpréter votre limite. Ce n’est plus votre chantier. Votre chantier : ne plus confondre dévouement et disparition.

Votre valeur ne dépend pas de leur regard

UNTL

Vous n’avez pas à passer votre vie à prouver que vous êtes digne d’être aimé à quelqu’un qui a intérêt à vous maintenir dans l’incertitude.

L’incapacité d’une autre personne à apprécier ce que vous avez donné ne détermine pas la valeur de ce don. Le malheur chronique de l’autre ne signifie pas que vous avez échoué.

Ce que vous avez réellement apporté

Parfois, vous apportez quelque chose de précieux à quelqu’un qui ne sait pas le tenir. Ce n’est pas un défaut de votre don. C’est une limite de ses mains.

Utilisez cette vérité pour démissionner de ce rôle

Personne ne vous a engagé pour être le gardien de l’humeur d’autrui.

Le trouble de la personnalité narcissique repose en partie sur cette incapacité à reconnaître durablement la valeur de ce qui est donné. L’autre ne peut pas vous rendre votre reflet. Il ne le possède pas.

La prochaine fois que la demande revient, observez-la pour ce qu’elle est. Pas un appel à l’aide. Un test de disponibilité. Vous n’êtes pas obligé de le passer.

Pour comprendre pourquoi un homme pervers narcissique ne trouve jamais la paix, il faut accepter une idée simple. Le plaisir et le bonheur ne sont pas la même chose. Marcia Sirota, psychiatre, insiste sur cette distinction que la plupart des gens saisissent intuitivement mais que le narcissique ne peut pas intégrer.

Le narcissique passe sa vie à courir après le premier en croyant attraper le second. Il accumule du pouvoir, de l’argent, de l’influence. Il écrase, domine, manipule.

Chaque victoire lui procure ce rush. L’effet ne dure pas. Le vide revient, plus grand qu’avant.

Une coquille vide qui court après le mauvais carburant

Derrière la grandiosité, il y a un gouffre. Sirota décrit le narcissique comme une coquille vide, poussée par un besoin insatiable de combler un vide intérieur. Ce gouffre ne se comble pas avec de la domination. Il s’élargit à chaque acte d’exploitation.

Le narcissique ne peut pas ressentir la joie d’une relation aimante. Il est incapable d’amour. Il ne peut pas tirer de fierté d’un travail bien fait. Il ne peut pas éprouver le contentement d’une bonne action.

Il est incapable d’empathie. Il ne lui reste que le plaisir brut de la victoire. Ce plaisir-là ne nourrit rien.

Voici ce que ça donne chez une personne qui confond les deux registres :

  • Une promotion obtenue par écrasement, fêtée comme un triomphe, puis oubliée en 2 jours.
  • Une relation amoureuse vécue comme une conquête, puis vidée de tout intérêt une fois l’autre personne acquise.
  • Une colère sourde qui revient dès que l’environnement cesse d’applaudir.

=> Aussi sur mon blog : 10 motivations humaines qui vous aideront à mieux comprendre les gens

Pourquoi votre souffrance est la seule chose qui les apaise

UNTL

La seule chose qui fonctionne, brièvement, c’est de causer de la misère chez quelqu’un d’autre. S’ils arrivent à faire souffrir une personne, alors ils comptent. Ils ont eu un impact.

Ça explique pourquoi les moments où vous alliez le plus mal étaient parfois les moments où ils semblaient le plus satisfaits. Pas parce qu’ils vous aimaient enfin. Parce que votre douleur leur donnait la preuve qu’ils avaient du pouvoir sur vous.

C’est une logique inversée par rapport à tout ce qu’on apprend sur l’amour. C’est précisément pour ça qu’elle est si difficile à accepter quand on la vit. On cherche une explication rationnelle. Il n’y en a pas.

La rage qui s’accumule avec les années

Après des années à poursuivre un programme qui ne peut pas fonctionner, le narcissique finit par devenir enragé. Il croit que son problème, c’est qu’il n’a pas assez de pouvoir, pas assez d’argent, pas assez d’influence. Ou que les gens autour de lui ne se sont pas assez soumis.

Un manipulateur narcissique ne cherche pas votre bien-être

Il cherche un public, un miroir, une source d’approvisionnement émotionnel. Sur les forums consacrés aux relations toxiques, les récits se recoupent avec une régularité qui finit par faire froid dans le dos.

Plusieurs témoignages décrivent des disputes qui éclatent la nuit, sans raison apparente. Elles détruisent la concentration au travail pendant des jours. La personne en face ne cherche pas un égal. Elle cherche un serviteur physique et émotionnel, corvéable à merci, toujours disponible pour valider son importance.

Le constat le plus marquant reste celui-ci : des gens passent 40 ans à se blâmer de ne pas avoir satisfait un narcissique. Ils remodèlent leur identité, leur morale, leurs goûts, pour tenter d’entrer dans un moule qui change sans cesse. Certains deviennent des philosophes refermés sur eux-mêmes. La plupart finissent simplement misérables.

Ce qui rend la sortie si difficile, c’est que l’exigence insatiable n’est pas toujours un mensonge. La personne peut avoir raison sur le fond, être brillante, compétente, admirée. Vous vous accrochez à cette part de vérité.

Vous vous dites que si vous étiez plus patient, plus compréhensif, plus solide, la relation finirait par s’apaiser. Elle ne s’apaise jamais.

La réponse qui revient le plus souvent sur les forums tient en une phrase : célébrez le jour où vous avez esquivé cette balle. Tout le monde n’a pas le courage de jeter ces parasites hors de sa vie. Voir aussi : Qu’est-ce que c’est que d’être marié à un psychopathe ?

UNTL

Ce que les utilisateurs racontent

Une lectrice raconte sa sœur, qu’elle décrit comme une personnalité narcissique, incapable de respecter la moindre limite. Elle s’immisce dans sa vie, dans celle des autres, dit et fait ce qui lui passe par la tête sans égard pour personne. La lectrice a dû se blinder, devenir plus dure, juste pour se protéger. Sa question n’est pas « comment la changer », mais est-ce qu’un narcissique finit par se calmer avec l’âge. Elle espère une trêve, un adoucissement qui permettrait un semblant de relation entre sœurs.

Les réponses qu’elle reçoit sont nettes. Une personne résume le mécanisme : les gens ne changent que si le besoin de changer dépasse la résistance au changement. Or la personne narcissique vit dans son propre monde, où les autres gravitent autour d’elle. Sans un événement de vie majeur qu’elle ne peut pas intégrer à son récit habituel, il n’y a pas de raison qu’elle s’ouvre à la critique ou à la remise en question.

Un autre fil de discussion pose la même interrogation, plus crûment : une personne narcissique peut-elle voir ses torts et modifier sa façon de faire pour être heureuse. Une participante répond par la négative, en ajoutant un détail concret : plusieurs compagnies d’assurance refusent de payer le traitement de ce trouble, parce qu’elles considèrent qu’il n’y a pas d’espoir d’amélioration. Ce n’est pas un jugement moral, c’est un calcul actuariel.

Une femme tombée amoureuse d’un homme qu’elle décrit comme égoïste jusqu’à la moelle pose la question autrement. Elle cherche une raison d’espérer, mais se heurte à une réalité : il ne présente jamais d’excuses véritables. Au mieux, il dit « je suis désolé que tu le prennes comme ça ». Elle observe qu’il peut être totalement en tort et réussir à lui faire croire que tout est de sa faute à elle. Ce renversement, c’est ce qui la maintient dans le doute.

  • Une sœur qui ne respecte aucune limite et force l’entourage à se durcir.
  • Un amoureux qui retourne chaque conflit contre sa partenaire, sans jamais reconnaître ses actes.
  • Des assurances qui refusent de financer un traitement jugé sans issue.
  • L’espoir d’un adoucissement avec l’âge, contredit par les témoignages.

Ce qui ressort de ces échanges, c’est que la question « est-ce qu’il va changer » n’est pas la bonne. La vraie difficulté n’est pas de prévoir l’évolution de l’autre, mais de comprendre pourquoi vous attendez ce changement. Une participante, fille d’une personne narcissique, répond simplement « non » à la question de départ. Elle n’argumente pas longuement. Elle a arrêté d’attendre, et c’est peut-être ça, la seule sortie concrète.

=> Voir aussi : Comment gérer les relations toxiques avec une femme manipulatrice et menteuse ?

Démissionner du poste

Vous n’avez pas à vous rapetisser pour que quelqu’un d’autre se sente plus grand. Vous n’avez pas à rendre une autre personne heureuse pour mériter le droit d’être traité avec respect. Cette idée paraît simple. Elle demande des années à être intégrée.

Repérer le réflexe automatique

Parfois, la chose la plus libératrice qu’un survivant puisse comprendre tient en quatre phrases. Elles ne sont pas une capitulation. Elles sont un acte de naissance.

  • J’ai assez donné.
  • J’ai assez essayé.
  • J’ai assez expliqué.
  • Je ne travaille plus ici.

Ces deux lectures se répondent : l’une éclaire la mécanique interne de l’épuisement narcissique l’autre rappelle que la sortie ne passe pas forcément par une nouvelle passion mais parfois par la redécouverte de liens simples sans mise en scène ni performance.

Ce texte n’a pas vocation à être une thérapie, ni un règlement de comptes. Il documente un point de bascule, celui où l’on cesse de vouloir être compris à tout prix. Si vous vivez cette frontière, elle n’est pas un échec : c’est une fermeture de chapitre, et peut-être la première page d’un récit dont vous êtes le seul narrateur.

Les documents que j’ai ouverts

7 Reasons You Can’t Make a Narcissist Happy ↗

Ce que j’ai appris en voyant des enfants réclamer sans fin

Ferragus Labrosse, auteur de untelephone.com

Quand je travaillais auprès d’enfants placés, j’ai vu des gamins qui ne pouvaient pas se contenter de ce qu’on leur donnait.

Un compliment, une attention, un cadeau, tout était avalé en quelques secondes puis rejeté comme insuffisant. Ce n’était pas de l’ingratitude. C’était une peur panique que la source se tarisse, alors ils réclamaient encore, plus fort, pour vérifier qu’on allait continuer à donner.

J’ai mis du temps à comprendre que leur demande n’avait rien à voir avec ce qu’ils recevaient. Ils testaient la solidité du lien. Et plus on cédait, plus ils doutaient, parce que céder ne prouvait pas qu’on resterait. Ça prouvait juste qu’on savait dire oui sous pression.

Un narcissique fonctionne sur la même logique. Sa demande n’est pas un besoin à combler, c’est un test de votre capacité à rester. Et aucun oui ne le rassurera jamais, parce que ce qu’il redoute n’est pas de manquer, c’est d’être quitté. Alors il épuise la source pour vérifier qu’elle ne coulera pas.

Ferragus Labrosse

4 réflexions au sujet de « Manipulateur narcissique, pourquoi rien ne le satisfait »

  1. PaulineEmile

    Mouais. Vous avez des sources pour affirmer tout ça ou c’est juste votre avis perso ? Parce que bon, dire que rien ne le satisfait, faudrait voir des études quand même.

  2. Pierre-Antoine

    Ca me rappelle trop mon ex… 5 ans à essayer de le rendre heureux, j’ai fini épuisée.

  3. N.Larson

    Franchement, j’ai vécu 8 ans avec quelqu’un comme ça. Au début tu te dis bon, il est juste exigeant, puis tu réalises que RIEN ne trouve grâce à ses yeux. Un jour j’ai passé 3 heures à faire un dîner maison, il a regardé l’assiette et il a juste dit ‘mouais, c’est pas ça’. Pas un merci, rien. Et le pire c’est que moi je continuais à me dire que la prochaine fois je ferais mieux… Spoiler : y’a jamais de prochaine fois satisfaisante. Bref, j’ai fini par comprendre que le problème venait pas de mon dîner, mais de lui. Aujourd’hui je cuisine pour moi et c’est vachement mieux. Mais bon, ça m’a pris du temps pour piger le truc, j’aurais aimé tomber sur ce genre d’article avant.

  4. philsd

    Enfin un article qui explique pourquoi j’avais toujours l’impression de courir après quelque chose d’impossible !!! Merci, ça fait du bien de lire ça !

Laisser un commentaire

Votre message part directement par e-mail. Je le lis et je réponds quand je peux.